Au 40e Congrès du PCF à Lille, Philippe Rio, maire de Grigny et président de la Coopérative des élu·es communistes, républicains et citoyens, appelle à remettre les communes et les collectivités locales au cœur du projet communiste. Face à l’asphyxie financière organisée par l’État, il défend une République qui fasse confiance aux territoires, aux services publics et à celles et ceux qui les font vivre. Écoles, santé, culture, transition écologique, logement, emploi : redonner des moyens aux collectivités, c’est rendre concrète la justice sociale et climatique partout dans le pays. « Un pays qui affaiblit ses communes affaiblit sa République. »
Camarades,
Depuis plusieurs mois, nous débattons. Et c’est heureux.
Nous cherchons le meilleur chemin pour notre parti, notre pays et nos vies. Et c est tant mieux.
Nous confrontons nos analyses, nous voulons réparer le présent et préparer l’avenir. Et c est parfaitement sain.
Certains ont proposé d’autres chemins, d’autres textes, d’autres sensibilités. C’est la démocratie communiste. Mais aujourd’hui, à Lille, je voudrais que nous nous retrouvions sur ce qui nous unit.
Car notre véritable base commune est bien plus qu’un texte.
C’est une conviction : le peuple ne retrouvera confiance que si nous portons une revit d émancipation et lui redonnons du pouvoir d’agir.
Et ce pouvoir commence dans les territoires et dans les communes.
À quelques mois d’échéances décisives, ne laissons pas le débat se réduire aux égos et aux personnes. Parlons de la France. Parlons de ce qui peut changer la vie.
Camarades du Nord : « On dit souvent que Cafougnette avait toujours une réponse pleine de bon sens. Eh bien, si on lui demandait aujourd’hui où commence la République, je crois qu’il répondrait simplement : « À la mairie ! » » et pour ceux qui ne sont pas du Nord, regardez qui était Jules Mousseron à Dn’ain.
Car la France, la République ce n’est pas seulement l’Élysée ou Matignon !
La France, ce sont ses communes avec sur leur fronton notre devise Liberté, Égalité, Fraternité.
Ses villages et ses ruralités
Ses villes moyennes, petites, grosses larges, étroites du littoral ou de montagne ou encore ultramarines.
Ses quartiers populaires et ses zones pavillonnaire.
Et ce sont des milliers d’élus qui, chaque matin, ouvrent une école, soutiennent une association, accueillent une famille, maintiennent un service public.
C’est là que la République vit. C’est là qu’elle résiste. C’est là qu’elle se construit. C’est la première ligne de front contre l’extrême droite et la droite extrême !
Quand nous appelons à bâtir une Nouvelle République, nous voulons changer de méthode autant que de cap. La République ne peut plus être une pyramide qui décide d’en haut et demande aux territoires d’exécuter. La théorie du ruissellement républicain n est pas plus valable que la théorie du ruissellement en économie.
Elle doit devenir une République qui fait confiance à son peuple en faisant confiance à ses collectivités.
Nous refusons la recentralisation illiberales. Nous refusons aussi le repli localiste, force local du nationalisme et du fascisme.
Nous voulons un État fort, stratège et planificateur, et des collectivités fortes, innovantes, pleinement responsables, autonome et libre.
Voilà la République de la liberté.
Voilà la République de l’égalité territoriale et de la coopération
Voilà la République de la fraternité/sonorité, de la solidarité, de la jeunesse , du sport, de la culture…
Mais une ambition sans moyens, n’est qu’un discours. Une promesse sans lendemain.
Depuis des années, l’État transfert des compétences sans transférer les financements. Il demande toujours plus aux collectivités tout en leur donnant toujours moins. C’est la vieille recette libérale : Ils créent les crises dont ils prétendent ensuite nous protéger. Un vrai pompiers pyromanes.
105 milliards d’euros : c’est que l’Etat transfert aux collectivités au titre de la décentralisation.
Et dans le même temps, 211 milliards d’euros d’aides publiques sont distribués aux grandes entreprises, sans contrôle, sans exigences sociales, sans contreparties écologiques, sans utilité…
Alors oui, camarades, reprenons la main !
Nous ne demandons pas l’impossible.
Nous demandons la justice, juste la justice.
Non pas « 100% je prends tout ! » je prends seulement 50 milliards sur ces 211 milliards !
50 milliards pour refaire nos écoles et rénover nos bâtiments publics.
50 milliards pour maintenir les maternités, les bureaux de poste, les centres de santé,
50 milliards pour bien et mieux manger dans nos cantines, pour apprendre à nager dans nos piscines municipales, pour rendre concret le droit aux loisirs et aux vacances, bel héritage du Front Populaire.
50 milliards pour soutenir les forces vives de notre pays : les associations, la culture attaquée, le sport en danger.
50 milliards pour remettre des services publics partout où la République a reculé.
Voilà notre première exigence : garantir le pouvoir d’agir des collectivités pour faire République.
Notre deuxième exigence est claire : financer l’atténuation et en même temps l’adaptation au changement climatique. C est une exigence car les classes populaires et moyennes en sont les 1er victimes.
L’écologie populaire ne se décrète pas.
Elle se construit dans les communes.
Quand on protège l’eau.
Quand on lutte contre les inondations et les pollutions
Quand on végétalise les villes et valorise la biodiversité
Quand on rénove les écoles pour protéger nos enfants des canicules.
Quand on planifie une transition écologique juste.
Sans justice territoriale, il n’y aura pas de justice climatique.
Enfin, notre troisième exigence est de soutenir l’emploi et le pouvoir d’achat par l’action locale.
Les collectivités créent les conditions des emplois non délocalisables.
Elles soutiennent les commerces, l artisans, les filières industrielles et les transitions agricoles.
Elles développent les mobilités et les transports,
Elles construisent les logements et même mieux bâtissent le droit à la ville
Elles investissent encore dans l’économie sociale et solidaire.
Chaque euro confié aux collectivités revient en emplois, en activité, en qualité de vie, en gain de dignité et d’humanité.
Alors camarades, si nous voulons gagner demain, cessons de regarder uniquement vers le sommet de l’État.
Regardons d’abord là où la République tient encore debout.
Dans nos communes avec les agents des services publicaux locaux et leurs syndicats
Dans nos villes.
Dans nos villages.
Je le dis avec force : la commune est la première cellule de la République sociale.
C’est là que naît la citoyenneté.
C est là que se cultivé la paix
C’est là que s’apprend l’égalité et se développe les droits humains
C’est là que se vit la fraternité et la sonorité
C’est là que la République protège, prend soin, tisse des liens d humanite mais c est là aussi qu’elle abandonne, déclasse, méprise exclu et ghettoise
Alors oui osons. Osons faisons des collectivités la première ligne de front de notre projet présidentiel en redonnant souffle à la décentralisation acquis du programme commun et de l union de la gauche de 81.
Donnons-leur les moyens d’agir.
Donnons-leur les moyens de protéger.
Donnons-leur les moyens d’innover et d inventer.
Parce qu’un pays qui affaiblit ses communes affaiblit sa République.
Et un pays, une Nation qui renforce ses communes renforce la démocratie, renforce la justice sociale, renforce la République.
Voilà la Nouvelle République que nous voulons construire, voila ce qui doit être l’apport des communistes dans le débat programmatique.
Une République qui s’élève depuis les territoires jusqu’à la Nation.
Une République qui fait confiance à son peuple.
Une République qui remet les communes au cœur du combat communiste.
Parce qu’en renforçant les collectivités, nous sauverons la République sociale. Et en sauvant la République sociale, nous referons de la France le symbole d’avenir et de progrès dont le monde a tant besoin.
Vive la République, Vive la France, Vive le Parti Communiste Français !!








