Logement social : des maires et des associations appellent à un plan d’urgence pour l’Île-de-France 

Réuni·es mardi 15 septembre au siège de la Métropole du Grand Paris, des maires, des élu·es métropolitain·es, des représentants du mouvement HLM et des associations de locataires ont voulu remettre la crise du logement au centre du débat public. Huit propositions ont été présentées, avec un objectif affiché : produire 40 000 logements sociaux par an en Île-de-France. Une mobilisation est annoncée le 6 octobre devant le ministère du Logement.

La crise du logement n’est plus seulement une succession de situations individuelles auxquelles les maires sont confrontés dans leurs permanences. C’est le constat qu’ont voulu porter collectivement les participant·es à la conférence de presse organisée mardi 15 septembre à la Métropole du Grand Paris.

Autour notamment de Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers et président du groupe Communistes, Citoyen·nes et Écologistes de la Métropole, et de Raphaël Adam, maire de Nanterre et président de la commission Habitat et Logement de la MGP, étaient réunis des élu·es francilien·nes, des acteurs du logement social et des représentants d’associations de locataires, parmi lesquels la CNL. Patrice Leclerc a indiqué qu’une vingtaine de villes étaient déjà engagées dans la démarche. 

Une demande de logement social qui continue de progresser

Le constat de tension est largement documenté. L’AORIF, qui représente les organismes HLM franciliens, recensait près de 934 000 ménages demandeurs d’un logement social à la fin de 2025, contre 888 000 fin 2024. Dans le même temps, 29 885 logements sociaux ont été agréés en 2025. Pour 2026, l’objectif régional est fixé à 31 500 agréments. 

Plus largement, 58 969 logements, tous statuts confondus, ont été autorisés en Île-de-France en 2025, encore en dessous de l’objectif régional de 70 000 logements par an. 

C’est dans ce contexte que les élus et associations réunis le 15 septembre proposent de franchir un nouveau cap : 40 000 logements sociaux par an en Île-de-France pendant quinze ans, dont 22 000 dans la Métropole du Grand Paris. 

Huit propositions mises sur la table

Au-delà du volume de construction, la conférence de presse a surtout posé la question de la répartition de l’effort entre les communes. Les participant·es souhaitent que les objectifs du futur Plan métropolitain de l’habitat et de l’hébergement soient déclinés commune par commune et que les obligations de la loi SRU soient davantage appliquées.

Parmi les huit mesures présentées figurent un minimum de 30 % de logements sociaux dans les nouvelles opérations immobilières, la réquisition des logements vacants, la suppression de la Réduction de loyer de solidarité (RLS), le rétablissement de moyens pour la rénovation thermique du parc social et l’objectif de 13 places d’hébergement d’urgence pour 1 000 habitant·es dans chaque commune. Les élus demandent également un renforcement des mesures à l’encontre des communes qui ne respectent pas leurs obligations SRU. 

Raphaël Adam a notamment insisté sur la nécessité de fixer des objectifs à l’échelle communale. Sur le territoire Paris Ouest La Défense, a-t-il rappelé, seules trois communes sur onze respectent actuellement leurs obligations au titre de la loi SRU. 

Des maires confrontés quotidiennement à la crise

La démarche entend aussi donner une dimension collective à ce que les élu·es constatent dans leurs communes. Les organisateurs soulignent que les demandes adressées aux maires se multiplient alors que les logements disponibles ne permettent pas d’y répondre.

C’est également sur ce terrain que maires et associations veulent élargir leur rassemblement. L’appel lancé le 15 septembre ne se limite pas aux élu·es à l’origine de l’initiative : ses organisateurs souhaitent associer d’autres collectivités, bailleurs, associations de locataires et demandeurs de logement. 

Une prochaine étape est déjà fixée : mardi 6 octobre à 18h30 devant le ministère du Logement. Les participants à la conférence de presse entendent y porter leurs huit propositions et demander à l’État de renforcer son intervention dans la construction et la rénovation du logement social. 

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