Peut-on parler de sécurité sans verser dans la surenchère ni caricaturer les positions ? C’est le pari qu’a relevé la réunion publique du 19 février consacrée à la sécurité, à la prévention et à la tranquillité publique. Elle était organisée par la liste Passionnément Magnanville, conduite par Michel Lebouc, maire sortant de la commune des Yvelines, 7 000 habitants.
Le choix d’un format participatif porté par la première adjointe et seconde de liste Françoise Gonichon a donné le ton. Pas de tribune monopolisée, pas d’enchaînement de prises de parole isolées, mais un travail en quatre groupes pour partir du vécu des habitants. Cette méthode a permis de croiser les expériences, d’objectiver les ressentis et de faire émerger des propositions concrètes autour des 4 sujets répartis sur les groupes : prévention, sécurité, tranquillité publique et cadre de vie et, enfin, évaluation de ce qui fonctionne déjà. À l’issue d’un échange de 30 minutes, chaque groupe devait formuler 3 propositions à partager avec l’ensemble de l’assemblée.
Très vite, un constat partagé s’est dessiné : la sécurité ne se résume ni à la sanction ni à l’affichage. Elle repose aussi sur la prévention, la médiation, l’aménagement des espaces, la présence humaine. L’idée d’un dispositif de « voisins vigilants » a ainsi été discutée. Michel Lebouc a préféré la notion de « voisins solidaires », afin d’encourager la vigilance collective sans créer de logiques de suspicion ou de « shérifs locaux ». La question de la police municipale a occupé une place centrale. Les attentes en matière de présence et de réactivité sont fortes. Le maire a rappelé les difficultés de recrutement et évoqué la possibilité d’une mutualisation avec d’autres communes, à condition qu’elle soit mutuellement avantageuse et améliore concrètement le service rendu.
La jeunesse s’est imposée comme un levier majeur. Agir en amont, accompagner, offrir des espaces adaptés : le prochain mandat verra la construction d’une Maison des jeunes, seul nouvel équipement structurant annoncé dans une ville déjà bien dotée par ailleurs. Un équipement doté de moyens de prévention et de médiation, conçu avec les jeunes qui viendra en complément des actions partenariales déjà mises en œuvre avec le réseau éducatif et l’Éducation nationale, notamment en matière de lutte contre le harcèlement.
Les échanges ont également souligné l’importance de ne pas banaliser les incivilités : les dire, intervenir tôt, responsabiliser les parents tout en les accompagnant lorsque c’est nécessaire. La nécessité d’impliquer les bailleurs sur la gestion de la sécurité a été évoquée par Michel Lebouc, qui veut en faire une action du prochain mandat, par le biais d’une convention. En parallèle, le déploiement de la vidéoprotection a été présenté comme un outil utile, ayant contribué à améliorer le taux d’élucidation et à limiter certains trafics grâce à la lecture de plaques d’immatriculation. La vidéoverbalisation pourrait compléter ce dispositif.
Au fil de la soirée, une évidence s’est imposée : associer les habitants à la réflexion transforme le débat. La parole circule, les positions se nuancent, les solutions se construisent. Sur une question sensible il est ainsi possible de faire un travail citoyen, de nommer les problèmes et de rechercher ensemble les solutions.











