Le Conseil municipal de Bergerac a adopté, mercredi 30 septembre, une délibération visant à donner à une école de la ville le nom d’Irène Sapir, rescapée de la rafle du Vel d’Hiv, ancienne élue communiste et figure locale du travail de mémoire. Les trois élus de la liste apparentée au Rassemblement national ont voté contre.
Selon Sud Ouest, les élus RN ont justifié leur position au nom de la « neutralité républicaine », mettant notamment en avant l’engagement communiste d’Irène Sapir et le fait qu’elle ait toujours refusé de saluer les représentants du Front national puis du RN. La délibération a néanmoins été adoptée par le Conseil municipal.
Née en 1937, Irène Sapir avait cinq ans lorsqu’elle fut prise dans la rafle du Vel d’Hiv en juillet 1942. Enseignante, militante communiste et élue municipale à Bergerac de 1971 à 2002, elle consacre depuis de nombreuses années une part importante de son activité à témoigner dans les établissements scolaires sur la déportation, l’antisémitisme et les persécutions. Son engagement municipal est ancien : Le Monde mentionnait notamment sa candidature communiste dans la circonscription de Bergerac dès les élections législatives de 1988.
Interrogée par Sud Ouest après le vote, Irène Sapir a expliqué que l’attribution de son nom à une école dépassait sa propre personne : elle y voit avant tout la transmission du souvenir des persécutions et de la lutte contre le fascisme. Elle a également contesté avec force les motivations avancées par les élus RN, affirmant que leur vote est lié à son engagement politique.
A l’heure où le masque de respectabilité du RN se brise avec la révélation de l’antisémitisme de Jordan Bardella le conseil municipal de Bergerac fait ainsi oeuvre utile en choisissant d’honorer une femme qui continue, à près de 90 ans, à raconter son histoire, inlassablement, aux jeunes générations.








