À l’heure où le gouvernement prépare de nouvelles mesures d’économies budgétaires, les collectivités territoriales alertent sur les conséquences des ponctions répétées opérées sur leurs ressources. Dans un dossier publié le 24 juin « FINANCES PUBLIQUES LOCALES :En finir avec les erreurs du passé« , l’Association des maires de France (AMF) conteste la responsabilité régulièrement attribuée aux communes et intercommunalités dans la dégradation des finances publiques.
Les chiffres avancés par l’AMF sont sans ambiguïté. Les administrations locales ne représentent que 8 % de la dette publique et 0,5 % du déficit rapporté au PIB. À l’inverse, la dette des collectivités est restée globalement stable depuis plus de trente ans, tandis que celle de l’État a fortement progressé.
L’association rappelle également que les collectivités votent chaque année des budgets à l’équilibre et qu’elles supportent un nombre croissant de charges décidées par l’État : revalorisations salariales, hausse des cotisations à la CNRACL, transferts de compétences insuffisamment compensés ou encore multiplication des normes administratives. Selon l’AMF, ces dernières ont généré en moyenne plus d’un milliard d’euros de coûts supplémentaires par an pour les collectivités au cours de la dernière décennie.
Autre sujet d’inquiétude : l’instabilité des financements. Malgré l’annonce d’une stabilité de la Dotation globale de fonctionnement (DGF), près de la moitié des communes ont vu leur dotation diminuer en 2026. Les réductions successives du Fonds vert, de la DSIL ou encore de certaines compensations fiscales fragilisent davantage la capacité d’action des territoires.
Pour les élu·e·s locaux, ces choix budgétaires sont d’autant plus préoccupants que les collectivités assurent plus de 70 % de l’investissement public civil dans notre pays. Écoles, équipements sportifs, voirie, réseaux d’eau, rénovation énergétique ou transition écologique : ce sont les communes, départements et régions qui portent l’essentiel des investissements utiles à la vie quotidienne. Une contraction durable de leurs moyens aurait donc des conséquences directes sur l’emploi, l’activité économique et la qualité des services publics.
L’AMF réclame ainsi la stabilisation des dotations, l’arrêt des ponctions exceptionnelles, une compensation intégrale des charges transférées et une véritable remise à plat des finances locales afin de garantir l’autonomie financière des collectivités. Un débat qui s’annonce central dans les prochains mois alors que les exécutifs locaux viennent d’entamer un nouveau mandat et que les besoins des populations continuent de croître.
Pour la Coop des élu·es, la question dépasse la seule technique budgétaire. Elle renvoie à la capacité des collectivités à répondre aux attentes sociales, à défendre les services publics de proximité et à investir pour l’avenir. Faire porter aux communes la responsabilité de déséquilibres qu’elles n’ont pas créés serait une impasse. C’est au contraire en renforçant l’action locale que notre pays pourra relever les défis sociaux, écologiques et démocratiques qui sont devant lui.








