De créatrice à élue à la culture, le parcours d’Alexie Lorca, adjointe à la culture à l’éducation populaire à Montreuil (93) et vice-présidente d’Est Ensemble, illustre la cohérence d’un engagement fondé sur trois piliers : droits culturels, liberté de création et de diffusion et défense de la compétence générale des collectivités premier financeur public de la culture.
Artiste avant d’être élue, Alexie Lorca a fait le choix de la cohérence. Musicienne, autrice-compositrice-interprète, passée par le journalisme culturel et l’audiovisuel public, elle quitte en 2014 une carrière indépendante pour exercer une responsabilité publique. L’entrée en politique lorsqu’elle est élue avec Patrice Bessac à Montreuil, en 2014, l’oblige à un choix éthique : quitter une carrière artistique indépendante pour exercer une responsabilité publique sans être juge et partie. Elle rejoint alors une institution liée à la gestion de l’eau. « J’ai découvert l’administration publique et ses process, son timing, le temps n’est pas le même », raconte-t-elle. Une expérience utile lorsqu’il faut organiser la rencontre entre deux univers : celui de l’administration et celui des artistes et des compagnies.
Droits culturels
À Montreuil, la politique culturelle se fonde d’abord sur les droits culturels. Non comme un slogan, mais comme une boussole : reconnaître la diversité des cultures présentes sur un territoire et organiser leur rencontre. L’enjeu n’est pas seulement l’accès aux œuvres, mais la capacité de chacun à être reconnu comme sujet culturel. Cela implique de privilégier la relation directe entre artistes et habitants, dès le plus jeune âge, et de considérer la pratique artistique comme un droit, pas comme un luxe réservé à quelques-uns.
Liberté de création
Deuxième pilier : la liberté de création et de diffusion. Pour Alexie Lorca, soutenir la culture ne se résume pas à programmer des spectacles ; il s’agit de créer les conditions concrètes de la création. Mettre à disposition des lieux, des moyens techniques, du temps long. Permettre aux artistes de travailler, d’expérimenter, puis de diffuser leurs œuvres sans subir de pressions politiques ou idéologiques. Dans un contexte de fragilisation du secteur, cette liberté est tout sauf acquise. Elle suppose une volonté politique claire : faire confiance aux artistes et défendre leur autonomie.
Cette vigilance s’exerce aussi à l’échelle intercommunale au niveau d’Est ensemble depuis 2020, où la coordination des politiques culturelles vise à garantir un service public culturel accessible et cohérent, sans nivellement par le bas. Dans ce territoire, les cinémas publics, bibliothèques et conservatoires ont été mis en réseau avec la volonté que la mutualisation ne conduise pas à l’uniformisation, mais renforce les capacités d’action des collectivités face aux logiques purement marchandes.
Sécuriser les politiques culturelles
L’engagement de l’élue ne s’arrête pas aux frontières intercommunales. Logique, face aux menaces qui pèsent tout à la fois sur les politiques culturelles, le financement du secteur et la liberté de création, de programmation et de diffusion. On l’a vu ces dernières années avec les attaques frontales des président·e·s des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Pays-de-la-Loire ou du maire RN d’Hénin-Beaumont. Alexie Lorca s’est donc investie comme vice-présidente de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture (FNCC).
C’est dans cette continuité que s’inscrit l’engagement d’Alexie Lorca au sein de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture. La FNCC est aujourd’hui un espace central de résistance et de proposition. Résistance face aux attaques contre la liberté de programmation, la création contemporaine ou l’indépendance des institutions culturelles. Proposition, surtout, pour poser un débat de fond : celui de la compétence générale et de la place de la culture dans l’action publique locale. En effet, le paradoxe est connu : lL culture n’est pas une compétence obligatoire des collectivités, alors qu’elles financent près de 70 % des dépenses publiques culturelles, relève l’élue. Dans un contexte de baisse des dotations et d’inflation, la pérennité des budgets est en jeu. » Pour Alexie Lorca, la FNCC a un rôle clé à jouer : documenter, outiller, fédérer les élus afin de sécuriser les politiques culturelles sur le long terme. Non pour les figer, mais pour garantir leur existence face aux vents contraires.









