Après le rectificatif publié par l’Association des maires de France à la suite des déclarations de Thierry Repentin en faveur de la loi SRU et de l’encadrement des loyers, la Coopérative des élu·es communistes, républicain·es et citoyen·nes réagit. Elle soutient le vice-président de l’AMF et interpelle David Lisnard sur sa responsabilité à la tête d’une association pluraliste.
Le 23 septembre, Le Figaro a relayé les déclarations de Thierry Repentin, maire de Chambéry, vice-président de l’AMF et coprésident de sa commission logement, en faveur de la préservation de la loi SRU et de l’encadrement des loyers. Le lendemain, l’AMF a publié un rectificatif précisant la position de son bureau. Pour la Coop, cette mise au point, qui expose Thierry Repentin « à un désaveu public », pose « une question de respect des élus et de fonctionnement collectif de l’association ».
La Coop apporte donc son « plein soutien » à Thierry Repentin. Elle rappelle que l’AMF a défendu des adaptations de la loi SRU et s’est félicitée de sa prolongation en 2022, tandis que son bureau n’en demande pas la suppression. Des divergences peuvent donc exister sur ses modalités d’application, mais elles doivent, selon la Coop, « être débattues loyalement ». Elles ne peuvent justifier de « discréditer un responsable engagé dans la défense du logement social ».
Sur le fond, la Coop défend le renforcement de la loi SRU et la pérennisation de l’encadrement des loyers. Elle considère que la loi SRU répond à « une exigence de solidarité entre les communes » et que son affaiblissement reporterait davantage l’accueil des ménages populaires sur les territoires qui prennent déjà leur part. Elle porte notamment la construction de 200 000 logements sociaux par an, le rétablissement des aides à la pierre et la suppression de la ponction imposée aux bailleurs par la réduction de loyer de solidarité.
Respecter le fonctionnement pluraliste
Mais la réaction de la Coop vise aussi le fonctionnement de l’AMF. « La diversité politique de l’AMF est une condition de sa représentativité », rappelle-t-elle. Les élu·es communistes, républicain·es et citoyen·nes entendent prendre leur part au travail commun, sans que leur attachement à l’unité puisse être interprété « comme un renoncement à leurs convictions ou à leur droit de parole ».
À ce titre, la Coop interpelle directement David Lisnard. Elle lui demande d’assumer « pleinement sa responsabilité de garant de cette unité » et de distinguer cette fonction de ses propres engagements politiques. « Ses engagements et ses ambitions politiques lui appartiennent ; ils ne lui donnent pas mandat pour engager l’ensemble des maires derrière ses orientations personnelles », affirme-t-elle.
La Coop formule ainsi sa mise en garde : « L’AMF ne peut devenir le prolongement d’un projet politique individuel. » Elle demande un échange dans les instances de l’association afin de garantir son fonctionnement collectif et le respect de toutes ses sensibilités. Pour elle, soutenir Thierry Repentin revient aussi à défendre la possibilité de porter des désaccords dans « une AMF pluraliste et respectueuse de tous les maires ».

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Photo Marie tavares Créative commons








