À Saint-Denis, les élu·e·s de la Coop réclament un Anru 3 à la hauteur

Jeudi 17 septembre, s’est tenue la journée nationale de l’ANRU « Ensemble refaire ville » à Saint-Denis (93). Ce rendez-vous réunissait les nouveaux exécutifs locaux issus des municipales de mars, à un moment décisif : l’Anru 3, déjà voté au Sénat, s’apprête à passer devant l’Assemblée nationale. Dans ce cadre institutionnel, la délégation de la Coopérative des élu·e·s communistes et républicain·e·s a porté un message clair  : « la rénovation urbaine ne peut pas se résumer aux bâtiments ». Depuis plus de vingt ans, l’ANRU a transformé des quartiers entiers — logements refaits, espaces publics requalifiés, équipements rénovés. Mais les fractures sociales, éducatives, sanitaires, économiques et environnementales, elles, demeurent. Et les habitant·e·s « ne peuvent pas attendre une nouvelle génération de politiques publiques » pour accéder aux mêmes droits et aux mêmes services que partout ailleurs.

Un fonds d’amorçage, pas un aboutissement

Sur l’Anru 3, la Coopérative exige des moyens financiers à la hauteur des besoins, la sécurisation et l’achèvement des opérations déjà engagées, un financement pérenne, et la mobilisation de tous les financeurs. Les 5 milliards d’euros annoncés en fonds d’amorçage ne sont, pour la Coop, qu’« un point de départ » : ils ne répondront pas seuls à l’ampleur des besoins. La rénovation urbaine doit être accompagnée d’investissements dans les écoles, la santé, les transports, les commerces, les associations, les équipements publics et la tranquillité publique.

La Coopérative pose une autre exigence non négociable : les maires et les territoires doivent être pleinement associés aux décisions. « Il faut en finir avec une conception de l’ANRU limitée à la transformation du bâti » : la transformation urbaine doit être une transformation sociale et écologique, ou elle ne sera pas.

Pour la Coop, les quartiers populaires ne sont pas des territoires à réparer de l’extérieur : ce sont des « territoires d’engagement, d’innovation et de solutions ». L’accès effectif aux droits, au logement, aux services publics et à l’égalité devant la loi doit rester au cœur de l’action publique dans ces territoires — un principe que la délégation a rappelé sans détour.

Une délégation venue peser

La délégation reçue à l’ANRU réunissait Amandine Demore, maire·sse d’Échirolles, Philippe Rio, maire de Grigny et président de la Coopérative, Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers, Djamel Nedjar, maire de Limay, Gilles Leproust, maire d’Allonnes et président de Ville & Banlieue, Antonin Cois, adjoint au maire de Villejuif et président de Valdevy, Clara Gimenez, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole déléguée au logement et à l’habitat, José Moury, premier adjoint au maire de Bobigny, et Mehdi Mebeida, adjoint au maire de Bonneuil-sur-Marne. Ces élu·e·s portent tous et toutes le même constat : le logement, la rénovation et la transformation urbaine ne peuvent être dissociés de la vie quotidienne des habitant·e·s.

Sur place, la journée a aussi été marquée par des échanges avec Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis et président de Plaine Commune, Michaël Delafosse, maire de Montpellier, Patrice Vergriete, maire de Dunkerque et président de l’ANRU, et Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale pour l’habitat (USH). C’est Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, qui a clôturé cette journée nationale — et le rôle des maires dans la mise en œuvre de l’ANRU a occupé une place centrale dans les discussions.

La bataille continue : rendez-vous mercredi 23 septembre à 11 heures à l’USH, à Bordeaux, où la Coop portera de nouveau ses exigences pour le droit au logement et pour un Anru 3 à la hauteur des territoires et de leurs habitant·e·s.

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