Urgence Culture ! (Philippe Rio, Alexie Lorca, Aymeric Seassau)

Avec mes collègues Alexie Lorca, vice-présidente à la culture d’Est-Ensemble (93) et d’Aymeric Seassau, adjoint à la culture de Nantes, nous sonnons l’alarme !


173,4 millions d’euros. C’est le nouveau coup de rabot que subit cette année le ministère de la culture. Ce nouveau retrait de l’Etat s’additionne aux difficultés budgétaires auxquelles il contraint les collectivités locales dont les capacités d’agir sont majeurs dans les politiques publiques culturelles. Nouveaux conseils municipaux, nouvelle ministre. Ce pourrait être l’heure d’un nouveau pacte culturel, un nouvel essor des arts et de la culture, une nouvelle étape de la décentralisation laissant loin derrière le cauchemar des salles et des cinémas fermés qui nous ont tant manqués durant les années Covid.

Au contraire, les nouvelles sur lesquelles m’alertent mes collègues élus.e.s dans les territoires manifestent le risque d’un nouvel affaissement. Dans tout le pays, les Directions Régionales aux Affaires Culturelles annoncent des baisses. Ici une structure associative, là un festival, les lieux labelisés n’étant pas épargnés.

Ces nouvelles baisses s’ajoutent à la crise qui frappe durement toute la chaine économique culturelle, dont la diversité est précieuse face aux tentatives d’hégémonie culturelle de l’extrême droite. Pendant ce temps, les forces du marché avancent leurs pions. Les uns pour constituer des monopoles qu’il deviendra vite bien difficile de contenir. Les autres en croisade pour promouvoir les réactionnaires dans une bataille culturelle qu’ils assument sans vergogne.

Les élu.e.s communistes et républicains sont porteurs d’une histoire. Plus qu’un héritage, c’est une promesse d’avenir et d’émancipation individuelle et collective fidèle à la devise de la République. Et c’est la Nation toute entière qui se retrouverait asséchée si l’affaissement culturel venait à se réaliser

Les collectivités, en premier lieu le bloc communal, résistent souvent, en défendant des politiques publiques ambitieuse, des festivals, des salles, en protégeant artistes et programmateurs des velléités de censure qui surgissent à nouveau. Pour combien de temps ?
Il faut une prise de conscience ! Les artistes et acteurs culturels doivent se savoir sous la protection de la nation toute entière. Libres comme nous les aimons. Indispensables à toute démocratie consciente

Déjà Jack Ralite alertait : « On nous répond, c’est la crise. La crise ne rend pas la culture moins nécessaire, elle la rend au contraire plus indispensable. La culture n’est pas un luxe, dont en période de disette il faudrait se débarrasser, la culture c’est l’avenir, le redressement, l’instrument de l’émancipation. C’est aussi le meilleur antidote à tous les racismes, antisémitismes, communautarismes et autres pensées régressives sur l’homme. »
Il est temps !

Philippe Rio, maire de Grigny, président de la Coop des élu·es

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